
Rencontre avec Kevin Hautcoeur qui vient de passer quinze jours à Rabat, au Maroc. De retour de ce stage Insep, il fait le point sur sa forme actuelle. Une forme « olympique » à huit mois des Jeux de Londres.
Comme de nombreux sportifs de haut niveau, Kevin Hautcoeur entre dans la fin d'un cycle, rythmé par les olympiades. Forcément, dans son calendrier 2012, il a coché la période du 3 au 12 août, la dizaine de l'athlétisme aux Jeux Olympiques de Londres. Sans pour autant occulter les « cinq jours finlandais » (27 juin au 1er juillet), puisque c'est à Helsinki qu'auront lieu les championnats d'Europe, devenus biennaux. Des compétitions majeures dans le paysage athlétique, même si les JO sont les plus importants dans la vie d'un sportif.
L'importance est également dans la qualification. Pour Kevin, ce sera une nouvelle sur 800 m qu'il va courir après... Si pour la Finlande (1'46''10), c'est loin d'être insurmontable, puisqu'il a couru en 1'46''29, l'an passé. Pour l'Angleterre, c'est un autre niveau : 1'45''20. Comme d'habitude, rien ne semble effrayer le demi-miler. « Ce stage au Maroc m'a fait du bien, explique-t-il. Pour la cohésion du groupe de Bruno (Gajer, son entraîneur, ndlr), c'était un moment important. Nous avons vu une autre culture et côtoyer des athlètes marocains qui seront certainement aux Jeux. Le point positif, c'est qu'ils ont souffert, comme nous et montré qu'ils n'étaient pas des surhommes. »
Surhomme... Rien à voir, cependant, avec celui de Nietzsche qui est plus dans la transfiguration de l'existence, que dans la recherche de la performance. Tout le contraire de Kevin, cette saison. « C'est certain qu'Amine Laalou (1'43''71, 800 m) et Mohamed Moustaoui (3'31''84, 1 500 m), avec qui je me suis entraîné à Rabat, n'étaient pas dans une période où ils font leurs séances décisives, confie Kevin. Mais j'ai pu faire 95 % de mes séances sans m'arracher pour rentrer dans les temps. À l'heure actuelle, je suis plus fort qu'avant les Mondiaux en salle de Doha (demi-finaliste en 1'47''50, ndlr). C'est donc rassurant pour la suite... »
Une suite qui aurait pu être synonyme de nouveaux championnats du Monde indoor pour Kevin (9 au 11 mars 2012 à Istanbul). Mais il n'a pas voulu faire de la Turquie, un objectif hivernal. « Je n'ai pas voulu prendre le risque, explique-t-il. En 2010, j'avais été blessé pendant six mois après Doha. En 2011, j'ai souffert d'un virus parasitaire. Cela deux ans que je ne peux m'exprimer sur toute la saison estivale. Pour l'année des Jeux, j'ai eu envie de mettre toutes les chances de mon côté pour me qualifier. Et avec ce que je fais actuellement à l'entraînement, je suis confiant. »
L'objectif 800 m de l'été ne va pas empêcher Kevin de faire la saison de cross court. « Les championnats de France ont lieu à La Roche-sur-Yon (4 mars 2012). Il y a deux ans, j'avais donné la priorité à la salle. Cette année, j'ai envie d'être performant et de mouiller le maillot du club. Même si j'ai pu noter qu'il y avait un certain relâchement dans le soutien que je pouvais avoir avant... Mais bon, je suis à l'image de mon sport. Je cours et j'avance vers l'avant... »
> Tout le groupe en stage à Rabat (photo David Alerte)